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En finir avec l’obsolescence programmée !


05 Jan, 2018

Vous avez dit : obsolescence programmée !

Buzz médiatique ? Phénomène nouveau ? Pas tant que ça ! L’obsolescence programmée est une expression qui revient régulièrement depuis les années 30. De plus, les consommateurs l’utilisent à tout bout de champ sans vraiment comprendre le sens. RDC Environment définit l’obsolescence programmée comme « un stratagème par lequel un bien voit sa durée de vie normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage, pour augmenter son taux de remplacement ». Epson, Apple… il semblerait que les grands groupes usent et abusent de l’obsolescence programmée pour inciter les consommateurs à faire de nouveaux achats. Le point sur un concept qui fait couler beaucoup d’encre.

Obsolescence programmée ou obsolescence technique ?

Des bas collants qui filent au premier usage, des imprimantes qui cessent de fonctionner après un certain nombre d’impressions, des équipements informatiques ou électriques qui tombent en panne 4 ou 5 ans après leur achat… les exemples d’obsolescence programmée sont légion sur le Net. Mais si les consommateurs parlent de tromperie, les fabricants eux parlent de raisons économique et technique. Ils vont même plus loin en parlant de prévention de risques liés à l’âge d’un appareil. D’où la nécessité d’acquérir de nouveaux appareils plus modernes et plus performants. Pour eux, il s’agit également de profiter de nouvelles fonctionnalités. C’est notamment le cas des appareils high-tech (smartphone, PC, téléviseur…), des appareils électroménagers, etc.
D’ailleurs la présence d’une obsolescence programmée est difficilement prouvée. Raison pour laquelle les procédures judiciaires contre les fabricants qui pratiquent cette technique sont aussi rares. Et les condamnations nulles.

La Belgique veut en finir avec l’obsolescence programmée

S’il est difficile de prouver qu’il y a tromperie de la part des fabricants, les faits sont bien là. Nos appareils tombent en panne sans raison apparente après un certain nombre d’années. Face à ce mécontentement des consommateurs, le gouvernement belge a décidé de prendre les taureaux par les cornes.
En effet les ministres de l’Économie et des consommateurs Kris Peeters et le ministre du Développement durable Marie-Christine Marghem ont mandaté le cabinet d’études RDC Environment pour réaliser une étude sur l’obsolescence programmée. Étude que les deux ministres vont présenter en commission de la Chambre et qui vise à augmenter la durée de vie des appareils dans le cadre d’une économie durable et circulaire

Les enjeux de l’obsolescence programmée

Au-delà du mécontentement et de la frustration du consommateur, l’obsolescence programmée a des impacts négatifs sur l’environnement, la société et l’économie.

Enjeux environnementaux

Nouvel achat veut dire déchet et émission importante de CO2. C’est notamment le cas des déchets d’appareils électriques et électroniques qui favorisent la pollution dans les pays du Sud (lieu de destination des déchets de téléviseurs, de PC, etc.). En effet, le démontage de ces appareils pour en extraire les matières premières laisse échapper des vapeurs toxiques qui nuisent à l’environnement et à la santé des personnes qui travaillent dans ce sens.
Ce n’est pas tout. Ces déchets épuisent les ressources naturelles des pays du Sud (terre et minerais nécessaires dans la fabrication des équipements électroniques). Selon une recherche scientifique japonaise, les déchets d’appareils électriques et électroniques représentent environ le tiers des réserves mondiales de terres rares et de métaux précieux.

Enjeux économiques

Il va sans dire que les achats successifs ont d’énormes impacts sur le pouvoir d’achat des ménages.

Plan d’action belge contre l’obsolescence programmée

De nombreuses mesures de protection vont être mises en place en faveur des consommateurs. L’objectif est d’obliger les fabricants à allonger la durée de vie de leurs produits.
Favoriser l’écoconception et les achats durables en incitant les fabricants à indiquer la durée de vie attendue du produit
encourager une meilleure utilisation des produits via une campagne d’information à l’attention des consommateurs
Favoriser la réparation en récompensant les fabricants qui produisent des appareils plus durables et qui fournissent des pièces de rechange : baisse de la TVA et des charges sociales, déduction d’impôt.

Le gouvernement encourage ceux qui ont des appareils obsolètes à faire réparer leurs équipements ou à les donner à des réparateurs afin de donner une seconde vie à ces appareils. Et donner une chance aux plus démunis d’avoir des appareils de grandes marques à un tiers du prix du neuf.

 

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