home » L'économie collaborative » Initiative - transport » Covoiturage : et si l'on apprenait à partager ?

Covoiturage : et si l’on apprenait à partager ?


16 Oct, 2017

Pendant les heures de pointe, trois voitures belges sur quatre seraient occupées par une seule personne. Selon le diagnostic fédéral de la mobilité, la voiture individuelle représente 76 % des trajets domicile-travail. Ce qui fait de la Belgique le pays européen le moins enclin au covoiturage. Et pourtant si le nombre d’automobilistes seuls diminuait de seulement 10 %, cela aurait déjà un impact positif sur le trafic et l’environnement. Le covoiturage, un concept qui mérite réflexion ?

Covoiturage, c’est quoi ?

Le covoiturage consiste à effectuer à deux au minimum le trajet domicile-travail en voiture. Cette nouvelle tendance se fait de son propre chef, via des sites spécialisés comme carpool.be ou dans le cadre d’un système de covoiturage initié par l’entreprise. Les covoitureurs peuvent être des collègues de travail ou de parfaits inconnus.

Le covoiturage, une tendance qui ne fait pas l’unanimité

Malgré les avantages certains du covoiturage, on a observé un recul de 38 % entre 2005 et 2014. Autant dire que la Belgique n’est pas prête à 100 % à sauter le pas.

La raison ? Le Belge n’aime pas partager, et sa voiture encore moins. Par ailleurs, avoir des passagers qui ne sont ni de la famille ni des amis, c’est renoncer à un certain degré de confort. Il faut discuter même si l’on a parfois envie de rester dans son coin, il faut aussi demander la permission pour passer sa chanson préférée ou fumer dans sa voiture.

Une autre raison qui freine le covoiturage : en Belgique, la plupart des véhicules sont des voitures de société. Ce qui fait que l’on n’a pas besoin de réduire le coût du trajet (principal avantage du covoiturage) puisque c’est l’employeur qui paie tous les frais.

À côté de ces réticences, il y a eu de vrais efforts de la part de l’État pour inciter les automobilistes à adopter le covoiturage.

Des initiatives qui pourront changer la donne

Aujourd’hui, on compte pas moins de 2 000 places de parking gratuites pour les voitures avec au moins trois occupants non loin des grands axes routiers. Cette initiative de la Wallonie constitue déjà un grand pas en avant. Sans compter les spots diffusés à longueur de temps sur les chaines radio pour promouvoir le covoiturage.

Par ailleurs, l’État accorde des avantages fiscaux aux covoitureurs. En 2014 près de 15 732 contribuables ont eu droit à une exonération fiscale d’un montant de 500 € sur leurs revenus imposables. De quoi amortir les coûts de carburants et les frais d’entretien. Dans les détails, le chauffeur et le passager qui font le trajet ensemble dans une voiture privée bénéficient d’une déduction de 0,15 € sur leurs revenus imposables pour chaque kilomètre parcouru en covoiturage.

Enfin, il est possible de trouver des covoitureurs directement sur le site de la commune. Cette initiative de Taxistop vise à faciliter la recherche de partenaire de covoiturage. Et à rendre le trajet plus sécurisé.

Pourquoi devriez-vous covoiturer ?

Pour les 4,8 % d’automobilistes belges qui ont recours régulièrement au covoiturage, les avantages de ce nouveau mode de transport ne sont pas négligeables. Aux exonérations fiscales accordées par l’État viennent s’ajouter d’autres bénéfices qui pourront convaincre les plus réticents.

Une manière de faire des économies

Pour le conducteur, celui-ci peut espérer une indemnisation kilométrique de 0,08 € par passager. Comme un kilomètre en voiture coute environ 0,33 € de prix de carburant et de frais d’entretien, c’est une économie assez conséquente que l’on peut réaliser.

Pour un passager habitant à 25 km de son lieu de travail, il économise 0,25 € par kilomètre parcouru. Ce qui fait un total annuel de 2 750 €.

Partager des moments conviviaux

Avec des collègues de travail à bord de la voiture, le trajet devient plus court. Les embouteillages ne seront plus une source de stress, ce qui permet de commencer et de finir la journée sur une note gaie, et d’éviter les accidents. Enfin, le covoiturage permet de renforcer les liens avec ses confrères.

Faire de belles rencontres

Covoiturer avec des inconnus, c’est l’assurance de rencontrer de nouvelles personnes, de trouver des amis et pourquoi pas, l’âme sœur.

Un beau geste écologique

Moins de voitures sur les routes veut dire moins d’émission de CO2 et moins de nuisances sonores (klaxon, bruits de moteur…). Concrètement, un trajet en covoiturage permet de réduire de 323 g par kilomètre les émissions directes et indirectes de CO2. Mieux, avec dix automobilistes habitant à 25 km de leur travail qui se mettent au covoiturage, les émissions de CO2 réduiraient de 35 tonnes par an.

L’assurance d’une place de parking

Non seulement covoiturer fait bénéficier d’une place de parking gratuite à côté des grands axes routiers, mais cela permet également de trouver facilement du parking puisqu’il y a moins de voitures.